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amerique_du_sud:equateur_puyo_et_frontie_re_equateur-pe_rou

Chachapoyas, 1er juin 2006

01/06/06 23:12

Chers amis,

La suite des nouvelles d'Amérique Latine…

Partis de Quito le 26 en compagnie de toute la famille Garcia-Barros en pick-up, les sacs à l'arrière dans une bâche trouée et, dans les villes au moins, nous aussi pour les surveiller, nous sommes descendus sur Puyo, aux portes de l'Amazonie Equatorienne. A notre grand dépit, le Tungurahua, volcan en éruption à côté duquel nous passions, était caché dans les nuages et nous n'avons strictement rien vu.

Après une nuit dans un hôtel de passe (mais avec eau chaude!), nous avons entrepris d'aller visiter une réserve naturelle censée être toute proche. 2h de route et 40 personnes interrogées plus tard, nous avions perdu tout espoir de la trouver. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés à visiter un coin de forêt guidé par l'habitant du coin, absolument enthousiaste, très sympathique et la connaissant sur le bout des doigts, probablement beaucoup plus intéressant qu'un guide touristique!! Après une visite du jardin (papaye, physallis et autres fruits exotiques, mais choux, tomates, côtes de bettes, carottes, carottes rouges, raves, poireaux et persil “bien de chez nous”!), nous sommes partis dans une jungle de plus en plus touffue, suivis de ses trois enfants. Nous avons traversé une jolie rivière où les enfants ont pêché 3 poissons, puis goûté à l'eau cristalline contenue dans un arbre ouvert à coup de machette et vu 2 ou 3 oiseaux. J'ai moins aimé quand notre guide improvisé, grimpé dans un arbre pour prendre une photo vue d'en haut, a malencontreusement délogé un serpent qui est tombé près de nous. Au ton de sa voix paniquée nous hurlant de prendre la machette pour le tuer, la bestiole ne devait pas être extrêmement sympathique… Au retour, toute la famille a sorti son savon au passage de la rivière et nous avons appris qu'ils n'avaient pas d'eau à la maison et que la maman les avait chargés de se laver pour le catéchisme.

Remontés dans les Andes en admirant les orchidées le long de la route, nous avons alors tracé en bus pendant de (très) longues heures jusqu'à Cuenca, puis Vilcabamba le lendemain, afin de passer au Pérou par un tout petit poste de frontière, la Balsa, réouvert en 98 à la signature du traité de paix entre le Pérou et l'Equateur. Nous comptions nous reposer un jour à Vilcabamba et visiter le parc du Podocarpus en canasson. Làs, l'organisation n'étant pas notre fort et ce village pourtant fort touristique ne comptant aucune banque, nous nous rendîmes compte que nos liquidités étaient déjà fort limites pour les 3 ou 4 jours où il ne fallait pas escompter en trouver une! Nous repartîmes donc aussi sec. Après moult heures de bus, largement sous-estimées par le Lonely Planet (en conséquence, le prix aussi…) par une piste aussi pourrie que le paysage était splendide (forêt de nuages dans la brume, multiples verts, lichens sur les arbres aux allures fantomatiques et orchidées magnifiques), nous arrivâmes à Zumba, bout du monde et de l'Equateur. Il fallait se rendre à l'évidence, nous n'arriverions pas à rejoindre la prochaine banque, du moins la prochaine banque certaine, avec les sous qu'il nous restait! Nous tentâmes donc de lier connaissance de facon un peu intéressée avec un couple de francais dans la bonne cinquantaine, visiblement égarés sur cette route… et trouvâmes par ailleurs le moyen de changer notre dernier billet de 20€ avec un habitant. Après quelques heures de ranchera (pont de camion transformé en bus ouvert cahotant) dans un paysage splendide avant que la nuit ne tombe, nous arrivâmes à la frontière! Les formalités équatoriennes poutzées en 2 mn, nous traversâmes le pont qui nous menait au Pérou. Personne. Un employé finit par sortir de la nuit noire, et nous emmena par un chemin boueux, à la lampe de poche, 100m plus loin dans une maison sans éclairage. Moyennement rassurées, nous étions contentes d'avoir les Francais avec nous. L'employé était cependant jovial, et il nous expliqua que le bureau officiel avait été emporté par les dernières pluies! Il fallut alors bien 1/2h pour retrouver le douanier de piquet, parti boire un verre à cette heure où il n'escomptait plus le moindre client. “On l'appelle Saddam Hussein, à cause de la moustache”, nous confia le premier employé… Il faut reconnaître qu'il y avait quelque chose… Bref, il était neuf heures lorsque un colectivo sorti de nulle part (tarif nocturne évidemment!) nous permit d'éviter les lits qu'on nous avait proposés à la douane-même (cependant propres et probablement gratuits!). Il restait 2h de piste. Hélas encore, une voiture était sortie de la route, sans blessés heureusement, et 20 personnes étaient occupées à la sortir du talus à l'aide de pelles, cordes et d'un camion. Qui bloquait la route. Une heure de plus. C'est donc à presque minuit que nous échouâmes à San Ignacio, dans un B&B infame. Les francais, parlant à peine l'espagnol et complètement paumés, s'en étaient remis à nous et nous suivaient toujours.

Sous une pluie battante, nous changeâmes nos derniers dollars en soles péruviens, et payâmes la course des Francais, qui décidemment ne comprenaient rien!! Cougnés dans un minibus bondé pendant 3 heures, conduits par un chauffard faisant la course avec un collègue sur une piste mouillée au bord d'un ravin (mais calmé par les remontrances de Joëlle), nous parvînmes (euh… ca se conjugue comme ca??) à Jaén, ville dotée d'un bancomat, miracle! Nous n'étions plus dépendantes des Francais, qui pour finir ne nous avaient rien prêté (mais se firent encore payer le bus suivant et auprès de qui il fallut insister lourdement pour obtenir le remboursement d'une somme au final non négligeable, non qu'ils fissent preuve de mauvaise volonté, mais d'une naïveté assez étonnante, allant jusqu'à oublier de payer leur mototaxi (30 centimes)…!!).

Bref! Nous sommes maintenant à Chachapoyas, jolie petite ville du nord du Pérou d'où nous irons visiter Kuélap et 2 autres sites demain et après-demain. Aujourd'hui repos, lessive et internet. Et surtout, PAS DE BUS!!! Nous repartirons ensuite pour Chiclayo et la côte.

Gros becs à tous.

Laure

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